L’égalité Femmes- Hommes et la protection de l’environnement dans une perspective de développement durable sont les deux axes transversaux pris en compte dans le cadre du système de financement et d’assurances agricoles en Haïti.

 

      ÉGALITÉ FEMMES HOMMES (EFH)

 

Nouvelle image (12)    Les partenaires du SYFAAH sont préoccupés par l’intégration effective des femmes dans le secteur agricole. En Haïti, les femmes représentent 50.40 % de la population totale et 49.35 % de la population rurale (IHSI, janvier 2012). En 2014, une enquête réalisée par la Coordination Nationale pour la Sécurité Alimentaire (CNSA) en partenariat avec le SYFAAH a mis en exergue des données sexospécifiques permettant de mieux appréhender la réalité des femmes et des hommes dans le secteur agricole.

 

  • 57, 5 % des femmes interrogées déclarent ne pas savoir lire ni compter.
  • Elles sont plus présentes dans le commerce que dans la production : 69 % de femmes contre 52 % d’hommes.
  • Elles possèdent moins de terres 3,26 parcelles vs 3,65 parcelles pour les hommes et celles-ci sont aussi plus petites, avec 1,9 carreau (cx) contre 2,4 carreaux pour les hommes
  • Les femmes ont tendance à davantage utiliser de main-d’œuvre (en moyenne 21,2 personnes) que les hommes (18,5 personnes). Les coûts de main-d’œuvre sont surtout concentrés au niveau de la préparation, des semis et de l’entretien. Ces travaux doivent souvent être réalisés à des moments précis (peuvent difficilement être remis sans conséquences), ce qui peut être difficile à jumeler avec des contraintes familiales, surtout assumées par les femmes. Ils sont également plus exigeants physiquement.
  • On note un grand écart dans le chiffre d’affaires entre les femmes et les hommes. Ces derniers ayant un chiffre d’affaires de 54 % supérieur.
  • Les superficies des parcelles des hommes sont de 41 % supérieures à celles des femmes.
  • 79, 3 % des agriculteurs n’ont pas accès à un service d’encadrement technique. La proportion est sensiblement la même pour les hommes (79,6%) que pour les femmes (78,7 %).
  • Les prêts octroyés aux femmes sont plus bas d’environ 10 000 HTG.
  • Elles sont aussi plus nombreuses à expérimenter leur premier crédit (45,9 % des femmes vs 39,9 % des hommes).
  • Le revenu des hommes est le double de celui des femmes.

Les données montrent que les hommes sont en majorité plus éligibles au crédit, réunissant de meilleures conditions (plus de terres, meilleurs revenus, expérience de crédit, plus grand chiffres d’affaires). Les hommes prennent plus de risques que les femmes qui empruntent beaucoup moins que les hommes.   Le candidat idéal pour un prêt est celui capable de bien comprendre et de bien gérer son entreprise. Cependant, les femmes ont été plus disposées à payer (7 %) que les hommes (2 %), toujours selon l’étude de la CNSA. Ceci représente un point positif pouvant favoriser l’augmentation des prêts accordés aux femmes.

 

Objectif du volet EFH

Au regard de la réalité et dans le souci de rendre accessible des services financiers appropriés, adaptés et accessibles tant aux hommes qu’aux femmes, le SYFFAH veut :

  • structurer l’offre de crédit tout en l’adaptant aux besoins spécifiques des femmes;
  • développer des stratégies permettant aux institutions partenaires de faire de l’égalité EFH un principe guidant leurs actions à l’interne et à l’externe;
  • renforcer la capacité des femmes du point de vue technique et de la gestion, contribuant ainsi à les rendre éligibles au prêt;
  • porter les agricultrices à comprendre l’importance de l’assurance récolte et comment celle-ci contribue à diminuer les pertes en cas de catastrophes naturelles.
Stratégies de prise en compte de l’égalité homme femmesNouvelle image (10)

L’équipe du SYFAAH s’active à concrétiser les objectifs fixés en matière d’égalité femmes hommes notamment par :

  • l’accompagnement des partenaires financiers dans l’harmonisation des politiques générales d’octroi de crédit incluant les mécanismes favorisant l’accès des femmes au crédit agricole;
  • l’encouragement des institutions partenaires à augmenter les prêts accordés aux femmes tant en nombre qu’en volume puisqu’elles sont plus responsables par rapport au paiement de leurs dettes;
  • la réalisation de séances de formation/sensibilisation en agroentreprenariat et en leadership pour renforcer les capacités de gestion des femmes agricultrices;
  • L’identification des activités agricoles propres à la clientèle féminine et la conception de produits de crédit adaptés à ses besoins spécifiques;
  • Le renforcement des capacités des acteurs du projet à l’analyse et l’intégration du genre.

 

      ENVIRONNEMENT

Haïti est un pays montagneux à 75%. 40% des terres ont une altitude supérieure à 400 m et 60% des pentes sont supérieures à 20%. Et pourtant, selon certaines estimations, plus de 80% de l’espace haïtien est concerné par l’agriculture au sens large du terme. L’agriculture est pratiquée dans un contexte de déboisement permanent vu que la couverture boisée représente aujourd’hui, selon les estimations, entre 1.4 et 2%. Le déboisement en Haïti est largement lié à la production de charbon de bois.

Les agriculteurs ont adopté de mauvaises habitudes culturales, défavorables à l’environnement et ceci par méconnaissance des normes adéquates et/ou manque d’éducation agricole. Cette situation rend le pays particulièrement sensible aux problèmes de l’érosion et vulnérable aux catastrophes naturelles. Comment limiter les risques pris par les institutions financières qui investissent leurs capitaux dans le secteur agricole et favoriser des conditions de vie améliorées pour les agroentrepreneur-e-s dans une perspective de développement durable ?

Ce volet vise à inciter les partenaires et les agroentrepreneur-e-s à adopter des comportements responsables à l’endroit de l’environnement.

 

Objectif du volet environnement

Porter les fournisseurs de services de crédit agricole, les agroentrepreneur-e-s à agir en faisant de la protection de l’environnement une valeur reflétée dans l’ensemble de leurs agissements.

 

Stratégies de préservation de l’environnement

Les activités envisagées dans le cadre du SYFAAH en vue de protéger l’environnement ne prendront pas la forme d’interventions directes sur les pratiques agricoles. Cependant, des mesures seront prises pour :

  • promouvoir des pratiques culturales respectueuses de l’environnement pour un développement socio-économique durable des agroentrepreneur-e-s;
  • encourager les partenaires financiers à adopter des critères liés à la protection de l’environnement dans l’accord des prêts;
  • organiser des séances de formation et de sensibilisation pour informer les bénéficiaires sur les bonnes pratiques à adopter en matière de protection de l’environnement.